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Bill part à l'aventure

UNE JOURNÉE TYPE A OUBLIER

Le rythme de ma journée est toujours le même, jour après jour. Je suis le premier debout à la maison, très tôt. C’est très dur de se lever tous les jours, alors que je ne suis pas, d’habitude, ce qu’on pourrait qualifier « du matin ». J’ai du mal à sortir de ma léthargie. J’ai la boule au ventre et la gorge qui se serre rien qu’à l’idée de franchir la porte pour aller au boulot.

J’ai à peine le temps de me préparer et d’engloutir quelque chose au passage, que l’heure de prendre la route est déjà arrivée. J’embrasse ma femme et mes deux enfants, que je n’aurais vu qu’une minute avant de commencer le calvaire de mon quotidien professionnel.

La circulation est déjà dense et stressante en arrivant vers la sortie de l’autoroute. Cela présage une journée mitigée, comme tous les jours depuis aussi loin que je me souvienne dans cette entreprise.

J’arrive enfin à Fréjus. Après avoir garé mon véhicule, je rentre dans le bâtiment, salue mes collègues de travail qui se tiennent au comptoir d’accueil et me dirige vers mon bureau. A peine arrivé et mon pc allumé, que déjà ma boite mail déborde. Le siège… Notre PDG… le Directeur Régional… Nous sommes « limite » sur les délais, la dead-line approche à toute vitesse, les chiffres ne sont pas au top. Je dirais que c’est plutôt logique quand on nous inflige, tous les ans, 10% d’augmentation de quota. Depuis tout ce temps, la même rengaine…

On est constamment en train de parler d’optimisation, d’augmentation de rendement, plus de clients, plus de chiffres, plus de tout, mais les effectifs se réduisent, les tâches s’accumulent toujours plus sur chacun d’entre nous et mes collègues commencent à me renvoyer leur ras le bol. Mes relations avec eux, à la base, sont excellentes, mais je suis la hiérarchie et je suis le représentant de la direction du groupe, donc je suis maintenant l’homme à qui l’on fait porter le chapeau. Je passe mon temps à temporiser le personnel et faire passer la pilule. Tout ça pour qu’au final, la reconnaissance de mes efforts et de mon travail soit inexistante.

J’ai déjà essayé des dizaines de fois de faire part de mon ressenti. Mais selon eux, je suis trop « à fleur de peau » et trop « capricieux ». C’est en général à ce moment précis que le dialogue se rompt et que l’échange dérape. Toute la rancœur accumulée durant ces années à faire les tâches ingrates, à prendre sur moi, à faire parfois passer ma famille au second plan, tout ça pour ça.

Ma seule petite éclaircie dans ce type de journée, ma séance de sport à la pause déjeuner. Le seul moment qui me permet d’extérioriser mon mal-être et ma colère.

Ma seule motivation est d’assurer une rentrée d’argent correcte pour pouvoir payer les traites et les charges quotidiennes. J’aimerais pouvoir emmener ma famille passer de vraies vacances un jour. Ce travail qui, au départ, me semblait être fait pour moi, dans cette entreprise qui était réputée pour sa qualité de travail et son expertise, se révèle finalement n’être qu’une prison dorée, un carcan psychologique. Mais malgré tout, ça paye les factures…

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